Flow ancestral dans la cordillère des Andes

Article : Flow ancestral dans la cordillère des Andes
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5 mars 2025

Flow ancestral dans la cordillère des Andes

Imbabura, terre fertile pour le rap en Kichwa

Nous sommes dans le nord de l’Equateur, en Imbabura, terre andine de lacs et de volcans. Dans cette région, le mouvement du rap en langue Kichwa est puissant. La langue est la base d’une culture, d’une cosmovision, et si elle se perd, un monde risque de se perdre.

Dans cet article, nous partons à la rencontre de deux rappeurs Kichwas qui témoignent de l’importance de leur art. Mais tout d’abord, une petite contextualisation du sujet :

Lac Imbakucha au pied de la montagne Imbabura_ photo de David. C par Wikicommons

Langage et Culture Kichwa au travers du temps

Le kichwa est la langue parlée par les différentes communautés des Andes en Equateur et au sud-est de la Colombie. 

Cette langue est le résultat d’une histoire de migrations. Un mélange des langues locales propres aux diverses communautés pré-inca habitant ces territoires avec celle apportée par l’empire Inca, le “quechua”. Aujourd’hui il y a des variantes entre les kichwas parlés par les différentes communautés mais elles portent toutes cette même appellation. Il y a quatorze peuples qui composent la nationalité kichwa : karanki, otavalo, natabuela, cayambi, kitukara, panzaleo, chibuleo, kisapincha, salasaka, waranka, puruhuá, cañari, palta, saraguro.

La langue kichwa représente la parole des peuples originaires de ce secteur montagneux. Ceux qui ont vécu des guerres d’invasion, tout d’abord avec l’empire incas autour de 1450, puis environ 100 ans plus tard avec la couronne espagnole. Durant de nombreux siècles les kichwas ont vécu sous des régimes imposés et oppresseurs. Leurs terres, leurs cultures, leurs corps ont fait face à ces violences et en gardent la mémoire.

Dolores Cacuango,
image de Wikicommons,

Courant le 20ème siècle la leader indigène Dolores Cacuango impulse la création d’écoles bilingues kichwa-espagnol. Les enfants indigènes n’avaient pas le droit de s’instruire mais par la ruse de Mama Dulu, comme on l’appelait, les écoles s’organisent la nuit à l’abri des yeux des patrons. Toutes les chaumières étaient éclairées le temps que la classe se déroule dans l’une d’elles. Cette femme à donné sa vie à la lutte pour les droits des peuples indigènes. Elle ne savait pas lire mais elle avait une très bonne mémoire qui lui a permis d’apprendre tout le code du travail afin de négocier des conditions de travail plus justes avec les patrons.

Aujourd’hui les jeunes provenant de familles kichwas s’écartent de la langue, de la culture. Il y a plusieurs facteurs qui s’interposent. 

  • Il y a la blessure collective d’un peuple opprimé et qui pour éviter que ces enfants subissent ces violences, il leur nie la transmission de la culture, de la langue. Un phénomène qui en découle est celui de la “blanchisation”. Afin de s’éloigner physiquement de toute trace qui puisse les relier à leur origine indigène, certaines personnes s’appliquent des traitements et de rigoureuses règles de vie afin de blanchir leur peau à la façon occidentale.
  • Il y aussi le changement provoqué par le système économique globalisé. Il y a peu ou plus d’économies locales très soutenables. Les personnes doivent migrer en ville pour trouver de nouveaux secteurs ou gagner leur vie. La-bas en ville, ils sont souvent isolés, ils se fondent petit à petit dans la masse de citadins modernes et ne parlent peu ou plus en kichwa. Parfois il y a des réseaux de communautés urbaines qui leur permettent de maintenir la langue, les coutumes et les festivités. 
  • Et dans les secteurs ruraux, les enfants sont en effet entourés par plus de personnes kichwa-parlantes mais à l’école son enseignement est presque inexistant. Ce sont des structures périscolaires d’organisations citoyennes qui permettent l’apprentissage de la langue, mais elles ne sont pas nombreuses… 

Cet ensemble de facteurs et bien d’autres qu’il serait nécessaire de déployer avec plus de rigueur influent sur la continuité du parler de la langue kichwa. Et ça n’est pas là une moindre chose ! Une langue raconte une façon de voir le monde. Elle est une des bases fondamentales pour une culture. 

Les chemins du rap Kichwa

Le contexte décrit précédemment donne peu d’espoir mais depuis le 21éme siècle le vent change de trajectoire ! Les luttes des aïeux qui n’ont pas courbé l’échine comme Mama Dulun, les mouvements qui se sont organisés courant le 20éme siècle comme la CONAIE (confédération de nationalités indigènes de l’Equateur) ou le CRIC (conseil régional indigène du Cauca) et multitudes de personnes kichwas qui se sont mobilisés depuis leur disciplines, ont permis de soulever la culture kichwa. Celle-ci voit fleurir des auteurs, des médecins, des artistes, des chercheurs, des acteurs, des journalistes et des rappeurs kichwas qui créent depuis leur racines avec l’identité de leur culture !

photo de Julio César Costa _ Pixabay

Le Rap est notre sujet dans cet article car Imbabura, la région kichwa du nord de l’Equateur, est un foyer de jeunes artistes musiciens. Les générations du 21éme siècle ont trouvées de nouveaux supports pour raconter leur époque. 

Le rap comme genre musical et culturel trouve son fief au cœur d’un New York des années 1970. La parole chantée est celle d’une génération qui subit des injustices sociales, veut changer le sort d’un système oppresseur et raciste. Ce genre musical s’accompagne d’un mouvement, le Hip-Hop, qui inclut d’autres expressions artistiques avec une veine politique comme le graffiti, le breakdance… 

Quand on appartient à une communauté ou qu’on habite sur un territoire influencé par des cultures millénaires, il y matière à écrire et chanter des textes de rap ! Et quoi de mieux que de le faire dans sa langue maternelle. 

Dans la région de Imbabura, terre de volcans et de lacs sacrés, la musique accompagne les festivités locales, le quotidien des gens… Et le rap s’introduit dans la danse avec des groupes précurseurs qui préservent une identité locale fusionnée avec le style hip-hop.

Je vais vous partager l’échange avec deux rappeurs qui sont de la seconde génération du rap kichwa en Imbabura:  Taki Amaru qui est l’une des premières femmes à rapper en kichwa et Sdon Gatto un artiste très engagé et créatif. 

Avant eux il y avait quelques groupes dans la région de Imbabura qui ont ouvert le chemin du rap kichwa comme “Los Nin”. C’est comme ça que ce duo se dénomme. Ils commencent en 2008 à fusionner les mélodies traditionnelles avec le rap et certains instruments modernes. Dans leur texte, ils parlent de l’Histoire de leur peuple hier et aujourd’hui, ils dénoncent les injustices et appellent la jeunesse à renforcer l’identité originaire et l’esprit de solidarité communautaire. 

La Mafia Andina

TAKI AMARU, illustration de Nayra Prieto

“ La parole est une nourriture et c’est une grande responsabilité que de parler ” me dit Taki Amaru, rappeuse du projet la Mafia Andina.

Taki Amaru Aura

Je rencontre Taki chez elle, dans la communauté de Morales près de la ville de Cotacachi. Elle a 30 ans, et elle est la fondatrice de La Mafia Andina. Cet ensemble musical mélange du rap en kichwa, du rock, du pop, un peu de tout :

“ Je souhaite que ma musique arrive au plus grand nombre, enfants, citadins, habitants des communautés kichwas… . 

J’ai connu cette vallée à l’âge de 14 ans, j’en suis tombée amoureuse. J’ai cru qu’il était possible de construire un monde différent. Il y avait de l’abondance dans les champs, et cette façon des gens d’ici d’inclure, de s’ouvrir à l’autre. Quelque chose que je ne vivais pas en ville. Je suis venue vivre ici vers 19 ans et j’ai pu alors voir les pro et les contre d’habiter dans une communauté.” 

Taki me partage que la langue détient le fief d’une culture. C’est par les mots que les concepts existent, et donc si la langue se fige ou meurt, une culture, un monde meurt. 

 “Il est indéniable qu’en dehors il y a un système qui veut nous éradiquer et qu’ici dans les communautés il y a une résistance très organisée. Parfois oui, il y a certains concepts de la culture qui se sont oubliés par la religion qui entre dans les communautés, par la mauvaise éducation du système public, et par le combat ordinaire du quotidien qui est rude et frustrant parfois… Mais dans la langue, chaque mot fonctionne avec son incidence, tu te rends compte que depuis la langue il y a des choses qui peuvent se transformer. Il faut nous rendre compte que la langue est vivante et qu’elle court le danger de disparaître. Mais nous sommes toujours à temps de changer ça. ”

Taki à l’âme punk et elle me partage :

“ Moi j’aime la diversité, j’aime que dans une langue, dans une culture il y ai des gens qui transgressent les codes et qui proposent d’autres façons… Mais bien-sûr uniquement dans le sens de renforcer, de soutenir la même racine. Parce qu’à mon sens une culture ne peut pas se figer,  c’est impossible ! Cela l’emmène directement à sa fin… Les choses qui veulent rester statiques meurent”

Elle me décrit la première fois qu’elle a porté un “Anaco”, jupe traditionnelle de la région. 

“J’ai accueillis l’anaco avec beaucoup de gratitude, s’enrober avec les jupes, porter les fleurs brodées sur la poitrine, se mettre les walkas dorés autour du cous, les bracelets de corail rouge aux poignets, les alpargatas aux pieds… Puis avec le temps j’ai compris qu’il y avait un moment pour chaque chose…”Pendant un temps elle a appliqué à l’identique la vestimentaire indiqué par la tradition kichwa. Puis, peu à peu elle a combiné avec des veste en cuire, des anneaux, des chaînes et autres agréments de la culture urbaine punk. “j’avais besoin d’intégrer cet autre partie de moi pour me sentir intégré, et puis j’aime pas être identique aux autres, je fonctionne comme ça, j’ai toujours eu cette puce dans la tête!”

AMARUMI _ Dans cette chanson elle raconte comment l’habit qu’elle porte depuis son arrivée dans la communauté lui a transmis une nouvelle façon d’être au monde. Tels un serpent qui mue de peau, elle à senti que ces tissus et bijoux l’accueillait pour renaître dans ce territoire kichwa.

Les chansons que Taki composent s’écrivent depuis cette volonté de revitaliser et de pérenniser la culture kichwa: 

“ L’injustice commise contre la culture, l’assasinat progressif des peuples et nationalités indigènes que les gouvernements appliquent… Ce sont des choses qui me mobilisent beaucoup. J’ai envie de les dire aux jeunes générations, qu’ils n’aient pas honte ou peur de défendre ce que leurs aïeuls ont si ardemment protégé. Il ne faut pas que ça disparaisse du jour au lendemain, non!

Cela nourrit mon travail d’écriture, il se peut que je n’écrive pas de façon très crue ou explicitement politique, mais déjà, d’écrire en kichwa s’a contribue en ce sens. Je sens que j’écris davantage depuis une voix qui berce, c’est une façon de dénoncer dite avec pas mal d’amour, de douceur…”.

Avec ces chants elle souhaite accompagner, soutenir et éveiller l’esprit critique.

Taki est née à Bogota en Colombie et comme elle me raconte elle est arrivée à Imbabura à l’âge de 14 ans. Quand je lui parle d’identité, elle me dit : 

“ Pour moi il y a un droit humain majeur qui nous permet d’en finir avec la Colombie, l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, l’Argentine, le Chili… et d’être de la Cordillère des Andes. Au niveau des états, tu as besoin d’un passeport pour te déplacer, mais je ne suis pas d’accord avec ça, je pense qu’il ne devrait pas y avoir ces divisions des pays. Et je pense qu’on a le droit d’habiter d’autres territoires avec une sensibilité respectueuse bien-sûr. Moi je suis née à Bogota mais je me sens d’ici, de cette culture Kichwa.”

Taki habite depuis plus de 15 ans dans cette communauté avec sa fille. Elle a appris le kichwa, elle vit au rythme de la communauté: cultive le maïs, participe aux mingas, est capitaine de danse pour certaines festivités… Et sur d’autres périodes elle part en tournée avec son groupe de musique. Elle propose, à sa façon, de tisser des ponts entre les territoires d’Amérique. Taki est l’une des premières femmes à rapper en kichwa, elle inspire de nombreuses jeunes qui s’essayent au micros et à la rhymes dans le pays et sur le continent.

“Je pense qu’il est important de pouvoir se connecter avec cette façon d’être au monde qu’on nous a arrachés. Il y a beaucoup de romanisation du monde andin, indigène, des symboles… Mais il y a une peur à s’en approcher… Il y a toujours cette distanciation de dire je suis indigène, tu es métisse, urbain… Évidemment il y a eu un conflit majeur, le dépouillement des terres, les meurtres… Mais, si nous chaussions les mêmes souliers je crois que nous ferions nôtre cette lutte et elle seserrait d’être un objet d’étude éloigné… Je pressent que cette barrière doit être dépassée… Moi, avec La Mafiandina je veux casser ces barrières parce que je pense que la désunion n’est pas le chemin sinon celui de l’union des diversités.”

HUMANIDAD _ Dans cette chanson Taki parle de ce temps nouveau d’union au-delà des différences.

Inmortal Kultura

“La racine n’a jamais été uniforme. Pour l’arbre, pas toutes ces racines sont de la même taille. Pour soutenir l’arbre, il y a une racine principale et d’autres qui se répartissent autour, certaines petites, d’autres grandes, d’autres énormes… Elles n’ont même parfois pas la même couleur, aspect ou odeur… C’est là que viennent ces nouvelles créations comme le rap kichwa, qui sait quelle est la racine principale et qui contribue à la soutenir.”

Sdon Gatto
Inmortal Kultura, illustration de Nayra Prieto

En 2016 se conforme le groupe Inmortal Kultura, ils sont cinq intégrants : deux rappeurs, deux choristes-rappeuses et 1 DJ. Je rencontre Sdon Gatto une après-midi dans la ville de Cotacachi. 

« La culture kichwa a aussi ces normes et celle-ci aussi d’une certaine façon réprime l’expression. Dans ma communauté le rap était mal vu, ils jugé disant qu’on était des bandits par notre façon d’habiller…

Avant moi je vivais en ville, je suis venue vivre ici en 2016. J’avais des rastas, j’étais dans mon processus de reconstruction de mon identité. Et dans ma communauté ce n’était pas facile… Mais ils ont entendu que dans nos textes on défendait les mêmes réflexions que les anciens. Alors petit à petit ils ont compris et l’ont inclus dans la lutte social, dans la résistance de notre peuple. 

Notre projet s’appelle “Inmortal Kultura”, les gens pensent parfois que c’est écrit en angalis, mais c’est pas ça. En fait s’est écrit à l’envers depuis la vision kichwa du temps, le ñawpapacha. Le futur est derrière parce qu’il s’agit des choses qu’on ne peut pas voir mais qu’on peut concevoir. Le passé est devant parce qu’il s’agit de choses qu’on peut voir… 

Avant nous il y avait des groupes pionnières en Imbabura comme Los Nin, Los Soberanos, et aussi Sendero Capitalino… Mais moi personnellement je donne toujours comme référence Tzantza Matanza, un groupe pionnier en Equateur du rap hardcore avec un engagement envers les peuples indigènes. Pour nous qui sommes indigènes, ils sont une référence qui ouvre le chemin. Je pense que s’est pour ça que dans me morceaux je met toujours un peux de Hardcore mélangé avec les savoirs que mon transmis les aïeuls. Par exemple, durant la période du solstice d’hiver, Inti Raymi, nous changeons nos voix, car dans nos croyances à cette période les énergies d’autres mondes se réveillent, les Ayas. Quand ils sont réveillés nous ne pouvons pas nous présenter à eux comme des êtres humains alors on change de voix… Se sont des sons graves ou très aigus… Cet élément s’inclut dans notre style de rap kichwa.

Groupe Inmortal Kultura, photo de Usue Suàrez

Moi j’ai repris l’apprentissage de la langue quand je suis venue habiter à nouveaux ici, en 2016. Avant j’habitais en ville depuis mes 8 ans. 

D’ailleurs il y a un de nos clips ou un jeune est dans sa communauté vêtus de son habit traditionnel et après il part en ville et se change pour retrouver ces amis… Il commence à rapper…. Et bon ça c’est la réalité de beaucoup de jeunes… Dans cette mise en scène on fait une sorte de critique mais parce que ça m’est arrivée et ça m’arrive toujours aussi cette situation… « .

SHINAMI _ Dans cette chanson, on raconte l’histoire de ce jeune qui jongle entre la ville et la campagne, entre le monde moderne et celui de sa culture kichwa.

 » Dans un autre clip il y a des artistes de théâtre, des enfants, des gens de la ville… c’est notre réalité… Je pense que c’est important de parler de l’habit traditionnel parce qu’il y a une tendance à folkloriser beaucoup! et je pense que ce n’est pas la façon correcte de montrer les choses…

En Imbabura, le rap s’exprime depuis le façon kichwa de concevoir la vie. Aujourd’hui je le vois comme un devoir, parce que je sens qu’elle rap kichwa est l’un des seul genres qui parle de notre culture sans avoir des piles sur la langue ! Je vois beaucoup de groupes qui jouent notre musique traditionnelle qui fond des morceaux romantiques sur l’amour, la séparation… Je ne vois plus de groupes comme dans les années 90 qui composaient des chansons sur la migration, des chansons de lutte, des chansons qui décrivent nos façons de vivre, qui parlent de l’amour mais depuis notre cosmovision… Par exemple pour le rituel du mariage, ou celui de rencontrer quelqu’un, d’avoir un père, une mère… 

Alors pour nous avec notre rap, on sens qu’il y a un devoir d’apprendre plus sur notre culture, d’apprendre plus sur notre langage… ».

Concert Inmortal Kultura, photo de Use Suàrez

CURANDERAS_ Dans cette chanson et le clip, Inmortal partage ce savoir ancestral des sages-femmes traditionnelles de Imbabura.

 » Aujourd’hui je pense qu’il faut aider les jeunes pour qu’ils ouvrent leurs réflexion et qu’ils soient plus curieux, plus proches de la culture et surtout de la langue. La langue est le support de toute culture. Leur partage aussi des réflexions autour de la terre, des écosystèmes…

La globalisation avance à cette cadence inconsciente, nous ne savons pas où elle va. Nous cherchons à produire plus de choses mais vers où voulons nous arriver? Ceux qui l’organisent doivent sûrement le savoir mais nous, nous faisons uniquement partie de ce consumérisme.

Ce qui est à notre portée est d’essayer de soutenir depuis notre culture cette façon d’être au monde plus proche de la nature. Préserver nos territoires, notre cosmovision, ce langage subtil avec la pacha, l’espace-temps, essayer de comprendre ça… Penser depuis le ressentis surtout. Il n’y à plus beaucoup de ressentis ces temps-ci… L’art va nous aider pour essayer de ne pas sortir trop du monde qu’on désire, pour essayer plutôt de le partager. « 

Horizons 

Le rap kichwa pour parler de la culture sans avoir des poils sur la langue, pour que les jeunes générations trouvent des façons de contribuer à la racine des aïeuls, pour transformer et permettre de pérenniser la culture, pour soutenir la conception d’un monde plus proche de la nature… Je vous invite donc à écouter ces sons de Imbabura par La MafiaAndina et Inmortal Kultura !

Et dans les pays voisins l’affaire se prolifere: Liberato Kani et Renata Flores au Pérou, Wechekeche Ni Trawun et Luanko au Chili, Alwa y Ukamau Y Ke en Bolivie et bien d’autres qui rejoignent le rhizome d’un rap des peuples indigènes.

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